Intro Bureau Exécutif du 27 juin 2016

« Ce que les classes dirigeantes entendent par le maintien de l’ordre, ce qu’elles entendent par la répression de la violence, […], c’est seulement de réprimer la classe ouvrière et laisser le champ libre à la seule violence patronale… ».

Cette phrase est terriblement d’actualité, pourtant elle est extraite de l’intervention de Jean Jaurès à la chambre des députés en juin 1906 en réponse au ministre de l’intérieur.

Cette année-là, le climat social était particulièrement tendu au lendemain de la catastrophe minière de Courrières, la plus importante d’Europe avec plus de 1200 morts et des responsables qui sauvèrent des installations en sacrifiant des mineurs.

Face à la grève générale des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais reconduisant leur mouvement par référendum en dépit de la division syndicale, Clemenceau avait promis de respecter le droit de grève s’ils s’abstenaient de violences….

Mais le 21 avril, il décréta l’état de siège et fit arrêter et traduire en justice les leaders de la CGT qui dénonçaient les manquements de la compagnie aux règles de sécurité. Cette décision marque le début du divorce entre Clemenceau et la gauche socialiste, révolutionnaire ainsi qu’avec le syndicalisme.

Je pourrais continuer les comparaisons historiques, elles seraient nombreuses et instructives en particulier sur les nombreux gages faits par le gouvernement de l’époque à la droite et au patronat …

Manuel VALLS n’a certes jamais caché son admiration pour Georges CLEMENCEAU, mais pouvait-on imaginer que cela irait jusqu’à l’affrontement social, la violence, la répression à l’égard des manifestants et des militants syndicaux et depuis hier l’interdiction de manifester, jusqu’où iront-ils ?

Les millions d’électeurs qui par leurs votes ont élu François HOLLANDE Président de la république le 15 mai 2012 ont avant tout voulu en finir avec la politique ultra libérale de l’ère Sarkozy et surement pas pour la casse des droits sociaux et la remise en cause des droits fondamentaux en particulier celui de faire grève et de manifester.

La politique répressive et autoritaire menée par le pouvoir n’est en tout cas pas un signe de force mais plutôt la démonstration d’un gouvernement aux abois, incapable d’écouter la population opposée à plus de 70% au projet de loi travail.

C’est aussi faire fi de la mobilisation des salariés qui depuis plus de 3 mois luttent massivement contre ce projet de loi et pour l’obtention de droits nouveaux dans le cadre d’un code du travail du XXIème siècle.

C’est enfin favoriser la division et la violence, dans le seul intérêt du monde des affaires et comme unique réponse aux revendications des travailleurs.

Avec 7 autres organisations telles que la ligue des droits de l’homme, Amnesty international la CGT a demandé l’ouverture d’une enquête parlementaire sur les choix opérés par le ministère de l’intérieur quant au maintien de l’ordre durant les manifestations et sur le rôle joué par ministère public dans les procédures.

Utiliser la violence comme arme politique est un choix dangereux qui ne peut qu’encourager la montée des haines, du rejet de l’autre, du racisme, de l’homophobie et des thèses d’extrême droite.

Les récents événements dans notre pays ou en Grande Bretagne avec l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox, ou aux Etats Unis avec l’attentat barbare et homophobe d’Orlando sont là pour nous le rappeler.

Les violences qui deviennent quotidiennes sont à combattre en tous lieux et ne doivent pas être banalisées, la CGT dénonce tous ceux qui choisissent la haine et la violence.

Comme elle dénonce les campagnes nauséabondes qui se généralisent en Europe en s’appuyant sur la détresse des femmes, des hommes, des enfants et des familles de migrants qui fuient la guerre.

Cet état de fait n’est pas une fatalité, et le souffle nouveau des mobilisations contre les politiques d’austérité en Belgique contre la loi Peeters, en Espagne et dans de nombreux pays Européens, régénère l’espoir collectif de la construction d’une Europe et d’un monde de progrès et de justice.

C’est bien sur le cas en France, il faut souligner le courage, la détermination et la ténacité collective des femmes, des hommes, des jeunes qui depuis plus de 3 mois au quotidien avec leurs organisations, dans l’unité et sans relâche se mobilisent face à un gouvernement devenu le meilleur allié du MEDEF.

Elles et ils ont bien compris qu’au-delà d’un projet de loi, ce qui est visé c’est la casse du droit social construit par les luttes des travailleurs qui ont jalonné l’histoire de notre pays, c’est la casse des conventions collectives et du code du travail, c’est offrir un blanc-seing au patronat pour exploiter et précariser plus les salariés, licencier sans contrainte.

C’est surtout imposer à des générations de salariés et leurs enfants des conditions de vie et de travail dégradées par rapport à celles que nous connaissons aujourd’hui.

Oui, l’espoir est dans le collectif et dans la mobilisation, l’ampleur et la force de la mobilisation le 14 Juin en est la preuve ! 1 300 000 manifestants dans les rues ce jour-là, des secteurs entiers dans l’action et dans la grève.

Vous avez dit essoufflement ? Baroud d’honneur ?

Face à la mobilisation, le gouvernement a essayé en vain d’utiliser la panoplie complète du casseur d’action : pourrissement, campagnes médiatiques de dé-crédibilisation, autoritarisme, dévoiement de la démocratie parlementaire par l’utilisation du 49.3, tentatives de divisions du front syndical, bienveillance à l‘égard des casseurs qui pourrissent les initiatives syndicales, violence à l’égard des manifestants…

Sans oublier la campagne inacceptable de stigmatisation voire de diabolisation à l’égard de la CGT menée de concert par tous ceux qui voudraient lui faire la peau. De Gattaz qui assimile la CGT a des terroristes, à Valls qui accuse la CGT d’être à l’origine des actes de vandalisme commis à l’hôpital Necker, aux casseurs, à Sarkozy qui veut faire payer les dégradations à la CGT, à Collard qui demande l’interdiction de la CGT.

Et jusqu’au Président de la République qui insidieusement lors de l’hommage au couple de policiers lâchement assassinés fait planer un doute sur ceux qui s’attaquent ou insultent les policiers …

Malgré les grandes manœuvres rien n’y fait et c’est déjà une victoire !

L’opinion publique est toujours massivement opposée à la loi travail et dénonce majoritairement l’interdiction des manifestations. Les salariés restent plus que jamais mobilisés et dans l’action, l’unité syndicale est toujours d’actualité et en mouvement. Rien ne doit nous détourner du cœur du problème qui est le projet de loi travail et de notre objectif de gagner l’ouverture de négociations autour de propositions porteuses de progrès social et de nouveaux droits. Oui, nous devons dépasser la question du retrait du projet de loi pour être en capacité de faire vivre nos propositions revendicatives.

Le 17 juin dernier suite à la rencontre entre Philippe MARTINEZ et la ministre du travail, celle-ci a déclaré découvrir les propositions de la CGT !

C’est dire la place que le gouvernement a donné au dialogue social sur le sujet, d’ailleurs le Président Hollande n’a toujours pas répondu à lettre commune adressée le 20 mai par les 7 organisations syndicales et de jeunesse afin d’être reçues rapidement …

Face au mépris une seule alternative la poursuite et l’amplification de la mobilisation pour être plus fort et peser plus. Le 23 juin, des manifestations ont eu lieu dans tout le pays y compris à Paris ou suite à l’intervention unitaire le ministre de l’intérieur a été contraint de revenir sur sa décision d’interdire la manifestation. Nous étions 45000 à Marseille.

Le 28 juin des initiatives vont être proposées dans les territoires pour aller remettre dans les préfectures et à la Présidence de la République les bulletins de la votation citoyenne organisée sur les lieux de travail. Soyons nombreux et créons partout les conditions de remises de masse.

A ce jour nous comptabilisons à la fédération plus de 20 000 votations émanant des initiatives organisées par les sections syndicales et syndicats départementaux dans les entreprises du secteur de la FAPT, il nous reste quelques jours encore d’ici le 28 juin pour faire exploser le chiffre des remontées.

Le calendrier gouvernemental prévoit un débat parlementaire jusqu’à fin juillet, à moins qu’il ne décide de renouveler l’utilisation du 49.3…

Le 24 Juin, une rencontre unitaire était programmée pour décider des suites de l’action.

Nous le disons souvent dans la période nous devons maintenir nos réunions de structures, car au-delà de tout calendrier, nous avons la responsabilité aujourd’hui d’analyser, de réfléchir et d’être en capacité de prendre les décisions nécessaires pour impulser l’activité dans toutes nos entreprises du secteurs du département dans un seul objectif de faire aboutir les revendications des salariés et gagner.

Les 6 décisions adoptées par notre conseil national des 2 et 3 juin derniers sont plus que jamais d’actualité et constituent la feuille de route de toute la fédération.

Où en sommes-nous de la mise en œuvre ? Et en premier lieu sur la question incontournable des priorités d’activité que l’on se fixe dans la période ? Avons-nous partout réuni nos syndiqués, les militants, les élus et mandatés pour en discuter ?

Je le disais plus haut la votation citoyenne suscite un véritable engouement lorsqu’elle est mise en œuvre et favorise le contact, la discussion et la mobilisation des salariés on en est à 901 votants et toujours à plus de 95% de Oui aux 2 questions remontées, nous avons dépassé le nombre de syndiqués de notre SD pour autant nous avons plus de 3000 salariés sur notre département nous avons encore un potentiel énorme à exploiter. Profitons de cette votation pour proposer l’adhésion.

Si le 14 juin est une réussite pour autant il est indéniable que nous avons du mal à décoller en termes de participation à la grève (3% à Orange, 5,5% à La Poste).

Même si les chiffres transmis par les directions sont minorés et ne reflètent pas la réalité de la mobilisation, nous avons du mal à obtenir des prises de décisions de grève par les salariés sur les lieux de travail.

Or, dans la période nous avons besoin de faire le lien entre le vécu et les enjeux, entre le local et le national, entre le professionnel et l’interprofessionnel ce qui signifie de remettre au gout du jour les cahiers revendicatifs.

D’autant que des acquis sont arrachés dans de nombreuses professions et secteur d’activités comme les cheminots, les routiers, les raffineries…

Plus que jamais ceux qui gagnent sont ceux qui luttent et c’est aussi vrai dans les entreprises de notre du secteur où des choses sont arrachées, comme à l’UI et aux financiers 13 où ils ont gagné sur le parking pour les salariés.

Autant de coups portés à la mise en œuvre de la loi travail.

Pour autant il est nécessaire de généraliser cette démarche et permettre aux salariés d’être en capacité de revendiquer le nombre d’emplois utiles pour bien faire leur travail et dans de bonnes conditions.

Les matériels mis à disposition dans la période le tract groupe Orange que nous avons repris localement pour appeler le 28 juin les salariés de l’ensemble du secteur à être en grève, de branche comme l’écho des Télécoms sont des outils pour alimenter la campagne dès à présent.

Cette démarche ne pourrait-elle pas être menée de pairs avec la poursuite de la votation citoyenne dans les services ?

Il est de coutume de dire pas de trêve pour les revendications y compris en période estivale c’est plus que jamais vrai car nous sommes au cœur d’un processus de lutte.

Nous devons donc prendre des actes et des mesures de direction pour veiller à la continuité de l’activité syndicale et au déploiement de la CGT et à son renforcement. Nous devons absolument mettre en place un plan de travail pour les deux mois d’été, car la lutte va continuer ! Depuis vendredi l’interpro a reconstruit le barrage devant la raffinerie de Fos, les camarades de l’incinérateur de Fos occupent toujours le site. il faut aussi continuer la solidarité pour nos camarades en lutte certains ont repris le travail après 25 jour de grève.

Élection Intelcia : la CGT est deuxième organisation syndicale derrière l’Unsa pour 4 voix. La CFDT s’effondre avec 20%, nous 39% et l’Unsa 40% imaginez si la direction n’avait pas mis l’Unsa en place nous aurions fait presque 80%.

D’autres élections sur notre département vont se tenir à Jaguar Network et à Avenir Télécom. Nous sommes convoqués pour négocier les protocoles électoraux.

Élection à la mutuelle générale en 2017 nous devons d’ores et déjà trouver une candidate ou un candidat.

Oui Camarades parce qu’ils sont la minorité et que nous sommes la masse, poursuivons, amplifions, élargissons, gagnons la mobilisation de tous les travailleurs qui ont décidé de ne plus subir et de prendre leur avenir en main.

Comme à Rivesaltes ou à Paris ou malgré les menaces et la répression à l’égard de nos camarades, les salariés ne renoncent pas à lutter, comme elles et ils l’ont si fortement affirmé lors des rassemblements du 31 mai à Montpellier et à Paris. Pour la CGT c’est toujours et définitivement 0 sanctions à l’égard de nos camarades qui luttent.

Oui Camarades, la victoire est à portée de main, alors saisissons là !

Décisions
  • La votation continue cet été : à utiliser comme outil pour discussions et explications aux salariés;
  • Participation aux initiatives de l’UD de l’été;
  • Plan de travail TELECOMS 13 (pour toutes les entreprises);
  • Tract «Orange a peur des urnes » à modifier et distribuer;
Les prochaines dates
  • 30 juin : Collectif ORANGE à Paris
  • 29 juin : suivi de l’accord Egalité Pro nous ne siègerons pas un tract 4 pages est en préparation
  • 5 juillet : Plénière dose et nouvelle journée de mobilisation
  • 13 juillet : comité territorial emploi
  • 15 et 16 septembre journée d’étude à la Fédération dans le cadre du lancement de la campagne électorale à orange élections en novembre 2017. Il faudra trouver du monde pour y participer.
Intro : Renée Bonnet

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