Christophe CARESCHE, député PS, critique les syndicats qui s’opposent à la loi « Travail »

2e journée de débats dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, mercredi 4 mai 2016.

La discussion générale portait sur l’article 1 du projet de loi « visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs-ve-s » dite loi « Travail ».

Christophe CARESCHE, député PS de Paris de la 18e circonscription :

« Moi j’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi un certain nombre d’organisations syndicales refusent ce qui peut permettre précisément de dynamiser la négociation collective. Pourquoi ? Pourquoi ? Et bien je vais vous le dire pourquoi. C’est parce que ces syndicats ne sont plus dans les entreprises. C’est ça aussi la réalité. Quand vous regardez, quand vous regardez aujourd’hui, quand vous regardez aujourd’hui, les taux de syndicalisation dans les entreprises privées, et bien effectivement vous voyez qu’il y a un petit problème. Alors, nous ce que nous voulons, c’est précisément que dans les entreprises,dans toutes les entreprises, les salariés soient défendus, soient défendus par des syndicats qu’ils soient, qui soient forts ! Nous aurons cette discussion et sur ce point-là, nous défendrons et je défendrai la logique du texte. »

Au-delà de la réponse de Marie-George BUFFET, députée GDR de Seine-Saint-Denis de la 4e circonscription :

« Quand je pense qu’un député de gauche peut s’en prendre aux syndicats comme je viens de l’entendre… Combien de luttes des syndicats ont permis de sauver des entreprises ?! »

Même s’il est vrai que pour nous dans les Bouches-du-Rhône, la réponse de Marie-George Buffet résonne particulièrement avec l’exemple des ex-salariés Unilever (Lipton, Éléphant), qui ont créé SCOP TI, Société Ouvrière Coopérative Provençale de Thés et Infusions, au terme d’une lutte de 1336 jours contre la fermeture du site de Gémenos, voué à être délocalisé en dehors du territoire français.

Vous considérez qu’avec un taux de syndicalisation de 8%, il y a un « petit » problème.

Nous vous donnons raison sur :

« […] quand vous regardez aujourd’hui, les taux de syndicalisation dans les entreprises privées, et bien effectivement vous voyez qu’il y a un petit problème »

Pour nous ce n’est pas un petit mais un gros problème. Aujourd’hui, trop de salariés ont peur, aussi bien dans les entreprises privées que publiques et que ce soit dans les grandes ou les petites entreprises, de se syndiquer et particulièrement à la CGT au vu des attaques patronales et gouvernementales contre nos militants, élus et mandatés.

« C’est parce que ces syndicats ne sont plus dans les entreprises. »

Une étude de l’évolution des implantations et des audiences syndicales faite par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques – DARES – en ligne sur le site du ministère du Travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social (lien de l’étude), révèle : « Malgré un faible taux de syndicalisation (environ 5 % des salariés dans le secteur privé, un peu moins de 8 % tous secteurs confondus), la présence des syndicats sur les lieux de travail est plutôt orientée à la hausse depuis une dizaine d’années.« 

Pensez-vous, sérieusement, que les 800 000 syndiqués à la CGT sont soit des retraités, soit des privés d’emplois, soit des détachés permanents ? Rassurez-vous, nous sommes bien dans les entreprises, premièrement avant d’être syndiqués, nous sommes d’abord des salariés, deuxièmement si nous n’étions pas aux cotés des salariés, nous ne pourrions pas construire les revendications. Enfin, si c’était ça aussi la réalité, croyez-vous honnêtement que les salariés mettraient la CGT en tête des organisations syndicales lorsque l’audience des organisations syndicales auprès des salariés a été mesurée au niveau national et interprofessionnel ainsi qu’au niveau des branches professionnelles.

Mais vous, les députés, êtes-vous dans les entreprises et sur vos territoires ?

Si nous développions le même argumentaire que vous, que cela donnerai-t-il ?

« Nous, nous avons beaucoup de mal à comprendre pourquoi un certain nombre de partis politiques refusent ce qui peut permettre précisément de créer des emplois en partageant le temps de travail pour dynamiser l’économie de notre pays. Pourquoi ? Pourquoi ? Et bien nous allons vous le dire pourquoi. C’est parce que ces partis politiques ne représentent que les actionnaires et les patrons des entreprises du CAC 40. C’est ça aussi la réalité. Quand vous regardez aujourd’hui, les taux d’adhérents dans ces partis, et bien effectivement vous voyez qu’il y a un gros problème. Seulement 0,93% des inscrits sur les listes électorales sont encartés dans un parti. Alors, nous ce que nous voulons, c’est précisément que les députés, quelques soient leur parti défendent l’intérêt général, défendent ceux qui sont les plus faibles, comme les privés d’emplois, les jeunes, les retraités ! Nous aurons cette discussion et sur ce point-là nous continuerons de les défendre le 17 mai 2016 dans la rue. »

Où en sommes-nous de la représentativité syndicale et de la représentativité politique ?

En quelques chiffres :

taux de syndicalisation¹
8%
taux d’adhérents dans les partis² 0,93 %
Sources : ¹ Étude de la DARES pour le Ministère du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, ² Nombre d'adhérents tous partis confondus (grossi à 400 000, article Wikipédia "Liste des partis et mouvements politiques français" et un article du monde "Des républicains au ps la désertion des militants") par rapport au nombre d'inscrits sur les listes électorales.

Nationalement aux élections :

Résultats des élections législatives 2012¹
Résultat du calcul de l’audience syndicale 2013 – Niveau national et interprofessionnel²
Législatives 1er tour Législatives 2nd tour
Inscrits 46 082 104 43 233 648 Salariés inscrits 12 755 317
Votants 26 369 126 57,22% 23 952 486 55,40% Votants 5 456 527 42,78%
Abstentions 19 712 978 42,78% 19 281 162 44,60% Abstention 7 690 397 57,22%
Sources : ¹site du ministère de l'Intérieur résultats des élections législatives 2012 France entière, ²site du ministère du Travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social Présentation de la mesure d’audience syndicale au niveau national et interprofessionnel.

Et de plus près dans votre circonscription et nos entreprises :

Résultats des élections législatives 2012 – PARIS (75) 18e circonscription¹ Les résultats globaux de l’élection 18-20 novembre 2014² Résultats des élections UI Marseille 18-20 novembre 2014²
Législatives 1er tour Législatives 2nd tour
Inscrits 64 935 64 943
Votants 36 231 55,80% 38 392 59,12% 73,82% 81,09%
Abstentions 28 704 44,20% 26 551 40,88% 26,18% 18,91%
M. Christophe CARESCHE (SOC) 17 217 26,51% 24 468 37,68% CGT : 21% CGT : 41,73%
Sources : ¹site du ministère de l'Intérieur résultats des élections législatives 2012 PARIS (75) 18e circonscription , ²site CGT intranet d'Orange cgt.rh.francetelecom.fr.

La CGT, comme 7 Français sur 10, est bien légitime pour réclamer le retrait du projet de loi « Travail » !

Alors OUI, MONSIEUR LE DÉPUTÉ CARESCHE, la CGT continuera, comme elle le fait depuis 120 ans avec sa démarche d’un syndicat de classe et de masse, à refuser votre projet de loi qui n’a qu’un seul but :

Tout bénef pour le Medef !

Ce texte offre en effet une liberté totale au patronat et constituerait s’il était adopté un recul historique des droits pour les salariés. Malgré vos affirmations, le projet de loi El Khomri n’a pas changé. Hiérarchie des normes, congés payés, accords d’entreprise, modulation du temps de travail… Toutes les mesures envisagées visent à précariser toujours plus, flexibiliser toujours davantage les salariés pour faire baisser le « coût » du travail, afin de faire grossir les profits financiers et les dividendes versés aux actionnaires.

Nous voulons de nouveaux droits !

Pour un code du travail du 21e siècle, pour la mise en œuvre d’une réelle sécurité sociale professionnelle, pour la réduction du temps de travail à 32 heures avec un réel partage du temps de travail, le maintien des salaires et des créations d’emplois, voilà ce que la CGT, avec les salariés, revendique pour pouvoir vivre et travailler dignement.

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